Le folklore du Mac : Gobble, Gobble, Gobble
Par Benjamin le mercredi 16 mars 2005, 00h20 - Folklore - Lien permanent - URL miniature
Mise en situation : entretien d'embauche. Comment alors trouver les mots pour dire au candidat qu'on en a assez entendu ? Steve Jobs a trouvé une idée hors du commun : il imite gaiement la poule et le candidat comprend étonnement par lui-même. Un récit poignant et bon enfant à partager en famille.
Andy Hertzfeld (mars 1982)
Lorsque Bud nous dit début décembre 1981 qu'il devait quitter l'équipe Mac pour retourner à Seattle pour garder sa place à l'école de médecine, Burell et moi-même furent assez secoués. On s'inquiétait de ne pas pouvoir s'en tirer sans Bud et de tomber sur un directeur autoritaire à la place, qui allait démolir l'esprit unique de notre équipe. On fit part de nos inquiétudes à Steve, qui nous promit qu'on aurait notre mot à dire sur l'engagement du nouveau directeur, et qu'il nous protégerait personnellement si une situation comme celle que l'on craignait arrivait.
En janvier, on a commencé à faire passer les entretiens au candidats au poste de directeur software. On avait de grandes références et de grandes attentes et nous avons interviewé pas mal de personnes exceptionnelles, comme Ed Taft (qui est devenu l'un des premiers employés chez Adobe) et Tim Mott (qui a aidé au lancement de Electronic Arts), qui pour une raison ou pour une autre n'ont pas eu le job. Mais on a aussi interviewé quelques candidats moins hors du lot, ce qui pouvait parfois devenir plutôt burlesque si Steve décidait qu'il ne respectait pas quelqu'un.
Par exemple, Burrell, Steve et moi avons interviewé l'ancien directeur de Angeline Lo, qui nous l'avait chaudement recommandé. Dès que le type est entré dans la pièce, je savais qu'il y allait y avoir un problème, parce qu'il avait l'air extrêmement collet-monté et coincé, habillé plus comme un représentant en assurances qu'un technologiste. Il avait aussi l'air très nerveux lorqu'il répondait à nos premières questions.
Je pouvais voir que Steve perdait patience quand il commença à lever les yeux au ciel aux réponses du candidat. Steve commença à le cuisiner avec quelques questions moins conventionnelles.
"Quel âge aviez-vous quand vous avez perdu votre virginité ?", Steve demanda.
Le candidat n'était pas sûr d'avoir bien compris. "Qu'avez-vous dit ?"
Steve répéta la question, en la changeant un peu. "Etes-vous vierge ?". Burrell et moi avons commencé à rire, alors que le candidat devenait de plus en plus décontenancé. Il ne savait pas comment répondre.
Steve changea de sujet. "Combien de fois avez-vous pris du LSD ?"
Le pauvre homme passait par toutes les teintes du rouge, j'ai donc essayé de changer de sujet et lui ai posé une question très technique. Mais quand il a commencé à donné une longue réponse verbeuse, Steve s'impatienta à nouveau.
"Pot, pot, podac", Steve commença a imiter le cri de la poule. C'était trop pour Burell et moi, et on a tous craqué. "Pot, pot, podac", Steve continua, riant lui aussi maintenant.
A ce moment-là, le candidat se leva. "Je suppose que je ne suis pas le bon gars pour la place", dit-il.
"Je crois que non", Steve répondit. "Je crois que l'entrentien est terminé."
l'article original sur Folklore.org
Commentaires
Digne des plus grands articles Folklore celui-là
N'empeche, à la place du gars, je sais pas si je sors comme il le fait ou si j'en mets une à Steeve Jobs
Je suis choquée