Ce tire-bouchon qui, pénétrant dans cette colonne lisse et compacte qu'est le bouchon synthétique prétendument sauveur de l'écologie de par son épargement de ce dicotylédone qu'est le chêne-liège mais qui en réalité est une abération puisqu'en plastique, me vient à l'oreille tel le murmure hésitant et glissant d'un grimpeur gravissant les dernières mètres d'un sommet qu'encore la veille il n'envisageait même pas.

Cette musique légère et répétitive qui, avant l'explosion finale qui va jusqu'à masquer brièvement le bruit de mon voisin qui ronfle, s'arrête tout-à-coup et là, c'est d'une beauté grandiose. J'incline l'objet et le liquide qui s'en écoule produit alors un air digne d'une symphonie de poissons qui de leurs bouches qui successivement s'ouvrent et se referment entonnent une lourde tirade qui fini par perdre tout son poids pour finir d'un coup sec.

Le verre est plein. Et moi aussi.