Un air de tire-bouchon
Par Benjamin le mercredi 8 août 2007, 22h33 - Humeurs - Lien permanent - URL miniature
J'ouvre une bouteille et soudain c'est la révélation. Peut-être sont-ce les vapeurs du breuvage qui orientent mes pensées en ce sens ou peut-être est-ce simplement la projection en deux dimensions de cette tige spirale formant alors une sinusoïdale qui me fait réfléchir. Quoiqu'il en soit, ouvrir cette flasque me mets sur la voie. Je sens déjà que je touche au but. Cependant, mes connexions synaptiques n'atteignent pas encore une vélocité suffisante pour concrétiser ce songe qui m'est venu comme vient la pluie un jour de printemps.
Ce tire-bouchon qui, pénétrant dans cette colonne lisse et compacte qu'est le bouchon synthétique prétendument sauveur de l'écologie de par son épargement de ce dicotylédone qu'est le chêne-liège mais qui en réalité est une abération puisqu'en plastique, me vient à l'oreille tel le murmure hésitant et glissant d'un grimpeur gravissant les dernières mètres d'un sommet qu'encore la veille il n'envisageait même pas.
Cette musique légère et répétitive qui, avant l'explosion finale qui va jusqu'à masquer brièvement le bruit de mon voisin qui ronfle, s'arrête tout-à-coup et là, c'est d'une beauté grandiose. J'incline l'objet et le liquide qui s'en écoule produit alors un air digne d'une symphonie de poissons qui de leurs bouches qui successivement s'ouvrent et se referment entonnent une lourde tirade qui fini par perdre tout son poids pour finir d'un coup sec.
Le verre est plein. Et moi aussi.
Commentaires
Oui magnifique, pour en revenir au plastique plus besoins de visser le tire-bouchon profondément puisqu'il se met à tourner avant. Adieu vins bouchonnés...
pour écrire ce petit texte, on (je tairai son nom par politesse, zac m'en sera reconnaissante) m'a donné un titre : "Un air de tire-bouchon" et trois mots : sinusoïdale, vélocité et ronfle, ceci explique (j'espère, un peu.) pourquoi c'est un peu tiré par les cheveux
Mais où vas-tu donc les chercher ?